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[ Général ] 20 Septembre, 2008 20:04

En début d'après midi, j'ai assisté à un débat intitulé : « Crise des subprimes : quelles régulations ? » qui opposait Arnaud Montebourg à Jérôme Chartier.

Débat assez technique qui a volé plus haut que prévu (surtout grâce à Chartier). J’ai pu voir Montebourg en vrai, un être puant de superbe, et écouter ses envolés lyriques.

On a droit à un court diagnostic au cours duquel la responsabilité de l’état américain n’a quasiment pas été évoqué ; ont néanmoins été mentionnés par Chartier une loi américaine de 1978 qui, parait il, décrète que tous les américains doivent devenir propriétaires et les accords de Bâle 2 qui réglementent la finance mondial. Ces accords sont très contraignants et ont selon Chartier pousser à la complexification des produits financiers.

Montebourg propose des solutions du genre de ce qui existe en Corée du nord : interdiction de la titrisation, changement (autoritaire) du mode de rémunération des traders, respécialisation des banques, cloisonnement financier entre l’europe et le reste du monde (authentique)…

Chartier qualifie ces propositions de sympathique mais explique assez clairement pourquoi ce n’est pas réaliste. Lui propose plutôt des solutions basées sur la transparence et le respect des contrats (comme c’est innovant !). C’est dommage qu’il veuille le faire par la contrainte.

J’ai noté quelques perles dans leurs conclusions du débat. Ainsi, pour Chartier « contraindre, c’est ça la politique », quant à Montebourg, il déclare que « la liberté ne permet pas d’organiser le bonheur des hommes ». Oui, vous avez raison, c’est tellement mieux le totalitarisme.

 

Le 2e débat s'intitulait « Vers une dictature verte ? » et opposait Corinne Lepage à Fabrice Flipo, un philosophe.

Le débat est d’emblé biaisé puisque les 2 sont convaincus qu’on court à la catastrophe écologique et qu’il faut agir dans l’urgence. Lepage commence par déclarer que tous les sceptiques sont des négationnistes et sont à la solde des lobbys. Je lui fais remarquer cette énormité à la fin. Elle est pas contente et estime que je déforme ce qu’elle a dit, et que ça ne concerne pas tous les sceptiques, mais ceux qu’on entend contester ce « fait scientifique » sont quand même tous à la solde des lobbys. Elle croit dur comme fer aux travaux des fumistes du GIEC, mais ça se voit qu’elle n’est pas une scientifique : la science n’est pas fait de certitude.

Pour les 2 intervenants, la dictature verte est surtout un épouvantail utilisé par les « négationnistes » et les égoïstes qui veulent payer leur grosse bagnole sans malus. Ils ont beau se présenter comme non totalitaires, ils n’ont parlé que de contrainte, car, vous comprenez, ne pas lutter contre le réchauffement climatique, c'est un crime contre l’humanité.

Lepage a abondamment parlé de la responsabilité, contrepartie de la liberté. Néanmoins elle en a une curieuse vision ; la responsabilité porte sur ce qu’on a fait, non pas sur ce qu’on pourrait éventuellement faire. Sur les OGM, elle est ainsi pour une interdiction préventive ; un peu comme la guerre préventive en Irak ai-je noté lors de mon intervention.

 

[ Général ] 20 Septembre, 2008 19:42

Le premier débat auquel j'ai assisté samedi matin au forum Libération portait sur le RSA et opposait Martin Hirsch et Françoise Gri, PDG de Manpower France.

 

Ils ont d'abord présenter la problématique : la période actuelle est plus favorable pour l’emploi grâce à de nombreux départ à la retraite, mais il y a mauvaise adéquation entre offre et demande de travail. On risque donc de se retrouver avec à la fois un chômage de masse et une pénurie de main-d’œuvre. De plus, il y a le problème des travailleurs pauvres.

Des obstacles au retour à l'emploi ont par ailleurs été noté : la mobilité et la garde d'enfant, mais aussi la complexité administrative et le nombre d'administrations publiques qui interviennent dans les politiques de réinsertion, ou encore le problème de la formation professionnelle (qui, on le rappelle, se chiffe à plus de 20 milliards d'€ et sert surtout de caisse noire pour les syndicats, les miettes allant à ceux qui ont le moins besoin de formation).

Il ya eu, comme chacun le sait, des expérimentation du RSA. Hirsch semble se satisfaire du résultat, mais je le trouve assez  modeste : 32% des personnes ont trouvé un emploi dans l’année avec le RSA contre 20 avec le RMI.

La plupart des questions du public ont été des questions ultra bâteau largement rebattues dans les médias.

J'ai pu toutefois intervenir en demandant si  les collectivités locales avec leurs politiques prétendument sociales ne vont pas rendre le dispositif inefficace en maintenant les trappes à pauvreté. Ce à quoi il me fut répondu qu'une étude sur 13 villes montrent qu'actuellement un ménage inactif peut cumuler des aides équivalentes à 57 heures de travail au smic (maximum relevé sur les 13 villes pour un couple avec 3 enfants). D’après lui, le RSA permet d’avoir un gain des les 1e heures travaillées. De plus, en remplaçant le RMI, cela poussera à revoir les aides qui sont attribuées au RMIstes et coupée dès qu’on sort du RMI. J’attends de voir, mais il ne faut pas sous-estimer la médiocrité des politiciens locaux.

 

Le 2e débat s'intitulait : « Comment intéresser les peuples à l’Europe ? » et opposait Laurent Fabius à Nicolas Schmit (ministre des affaires européennes du Lxuembourg, socialiste).

 

Débat pas très contradictoire. J'ai pu constater que Fabius est homme politique puant, démago, populiste et extrêmement imbus de sa personne. Il supporte difficilement la critique, mais n’hésite pas à transformer la réalité pour promouvoir sa vision (il s’est fait plusieurs fois reprendre par l’animateur du débat et Schmit pour des inexactitudes (des mensonges?)).

Les 2 intervenants sont d’accord pour faire une politique de grands projets et Fabius propose d’avancer sur 5 points : la recherche et l’innovation (mais les chercheurs n’ont pas attendu l’europe pour se parler et collaborer), l’énergie (mais il ne se rend pas compte que ce ne sont pas les états qui discutent de l’approvisionnement de l’énergie, mais des entreprises, même si certaines sont malheureusement contrôlées par des états), la croissance avec des investissements de la BEI et des emprunts (et oui, pour les socialistes, lorsque les états et les collectivités locales ne peuvent plus emprunter tellement ils sont surendettés, c’est à l’europe de se surendetter), la défense (les irlandais vont aimer), et l’établissement d’une clause de sauvegarde sociale (un truc qui veut rien dire, mais qui est déjà dans le traité de Lisbonne). Schmit est globalement d’accord avec ces orientations, sauf que pour lui ça ne suffira pas, il faut un projet politique d’ensemble. On n’a cependant pas très bien compris ce qu’il envisage pour ce projet politique.

Il me semble que ces 2 individus sont complètement en décalage avec le peuple puisque ce qu’on reproche le plus souvent à l’UE (notamment en Irlande, au RU ou aux Pays Bas pour ne citer qu’eux), c’est que l’UE s’ingère trop dans la vie des gens, légifère trop dans trop de domaines, et ne respecte pas les particularités des peuples. En réponse à cela, les socialos propose une europe avec encore plus de pouvoir et d’interventionnisme.

 

[ Général ] 19 Septembre, 2008 20:50

Actuellement se tient le forum Libération à Grenoble. J’ai assisté aujourd’hui à 3 débats et je vous livre ici mes premières impressions.

 

Le 1er débat avait pour thème les états généraux de la presse, opposant Laurent Joffrin (patron de Libé;) et Emmanuel Mignon (conseillère de Sarko et organisatrice des états généraux).

J’ai été agréablement surpris, car le principal problème de la presse française, à savoir le monopole du syndicat du livre, sujet extrêmement tabou en France, n’a pas été esquivé. Il a été particulièrement vivement critiqué par Joffrin.

Pour Mignon, il faudra discuter avec tout le monde (y compris la mafia du livre). Dans ces propos, on sent bien que le gouvernement se prépare à se coucher devant le syndicat. On verra ce qui ressortira des états généraux, mais ce qui a l’air de se préparer, c’est que l’état va financer à grand renfort d’argent public une baisse des coûts d’impression et de distribution sans remettre en cause le monopole de la CGT (un peu comme ce qui a été fait jusqu’à présent).

Discuter avec le syndicat du livre est une énormité : quand on veut réduire la criminalité, on ne discute pas, on ne cherche pas à faire des compromis avec la mafia.

Mon sentiment général est que les 2 intervenants sont de gros étatistes qui n’ont pas de fortes divergences d’opinion. Ils croient que l’état doit s’occuper de tout et tout organiser.

J’ai pu poser une question posée à Joffrin : j’avais en effet l’impression, après l’avoir entendu,  qu’il était plus effrayé par la dépendance à l’argent de la pub que par celle des subventions publiques. Je me suis fait un peu moucher. Il parait qu’il y a des critères « objectifs » pour définir ces subventions et des contre-pouvoirs (où ça ? Il voulait parler des godillots du palais Bourbon ?). Encore un qui croit que l’état c’est dieu.

 

Le 2e débat avait pour thème : « L’université peut être rattraper son retard ? » et opposait Michel Destot, le maire bolchevique de Grenoble, et Phillipe Gillet, le dir-cab de Pecresse.

Débat sans grand intérêt. Il a surtout été question de budget. Combien on dépense, quels sont les financements. Destot qui s’excite, Destot qui pleurniche parce que le méchant état maltraite les collectivités locales. De l’autonomie et des relations entre l’université et les entreprises il n’a quasiment pas été question. De la concurrence et de la sélection on n’a rien entendu. J’avais bien une question concernant ces 4 points, mais je n’ai pas pu la poser. A la place, on a entendu essentiellement des profs et des étudiants pleurnicher en réclamant plus de moyens.

 

Le 3e débat avait pour thème : « Education nationale : faut il regretter le temps des blouses grises ? » et opposait Lang (Jack, pas Carl) et François Dubet, un sociologue.

Lang passe son temps à taper sur Darcos dans un registre populiste pour bobos. Dubet a fait certaines remarques intéressantes sans toutefois se prononcer sur des solutions. Pour lui, le système éducatif français laisse beaucoup de monde de côté, mais ne fonctionne pas trop mal pour certaines clientèles électorales, d’où le manque de volonté de le réformer. Il a aussi abondamment critiquer le vide de la gauche sur ce thème et résume les propositions de Ségogole durant la campagne présidentielle au fait de dépenser plus pour continuer à faire ce qui ne marche pas.  

A la fin, je peux poser une question parmi la dernière série de question. Je parle de l’échec des politiques socialistes et conservatrices en raison de leur application uniforme et de la nécessité d’autonomie des établissements pour pouvoir répondre aux demandes différentes des élèves. Lang ne répond pas à ma question (je vous laisse interpréter vous-même) tandis que Dubet reconnaît que ce qui donne les meilleurs résultats au niveau international, c’est en effet d’accorder une forte autonomie aux établissements. Il aurait peut être pu commencer par là.