[ Elections municipales Grenoble
]
03 Mars, 2008 19:42
Grenoble, une ville de gauche ?
Sur les 7 listes présentes à Grenoble aux élections municipales, 5 sont des listes d’extrême gauche… rien que ça !!
LCR, LO, la liste ouvrière et laïque, GO Citoyenneté, les verts… Si on peut leur reconnaître un mérite, c’est qu’ils savent mobiliser : 5 listes, 5 fois 59 personnes dont la moitié de femmes.
Quant aux 2 autres listes, dont on a commenté les programmes dans les articles précédents, c’est à qui fera le plus de promesses démago et interventionnistes.
Par ailleurs, le maire socialiste sortant est donné largement gagnant.
Qu’est ce qui explique ce tropisme vers la gauche ?
Dans un éditorial récent paru dans le Figaro, E. Zemmour analyse les populations des villes et leur incidence politique ; il pointe notamment la disparition des classes moyennes inférieures des grandes villes : « Dans les grandes villes, la classe moyenne supérieure frôle sans les côtoyer les habitants des quartiers populaires où domine une population issue de l'immigration arabo-africaine. C'est ce que les sociologues appellent pudiquement les «très aisés» et les «très aidés». »
On comprend assez bien que les « très aidés » tendent à voter pour ceux qui promettent de leur donner plus, même si cette option apparemment séduisante les dessert en les maintenant dans des trappes à inactivité et en les éloignant toujours plus du marché du travail. Ces « très aidés », qui peuplent les tours HLM, constituent par ailleurs une part importante des candidats sur les listes d’extrême gauche. Mais il n’y a pas qu’eux…
En ce qui concerne l’autre population, il est peut-être un peu caricatural de les appeler « très aisés ». Non, ce ne sont pas des « salauds de riches qui exploitent les miséreux », mais le plus souvent, des classes moyennes supérieures qui gagnent confortablement leur vie, notamment grâce à un niveau d’étude élevé. C’est particulièrement le cas à Grenoble, ville où l’on trouve une population relativement importante de cadres, d’ingénieurs et de chercheurs. Cette population constitue un électorat traditionnel pour la gauche.
Et pourtant, à l’étranger et notamment dans les pays qui ont un parti libéral, cette population a un comportement assez différent. Ainsi on peut lire dans l’article de wikipédia consacré au FDP, le parti libéral allemand : « Dans l’électorat du FDP sont présents de manière supérieure à la moyenne les diplômés de l’enseignement supérieur, les actifs, les célibataires ».
Par ailleurs, Frits Bolkestein analyse ainsi l’électorat néerlandais : « L’électorat néerlandais est composé de quatre quadrants : religieux, séculier, formation supérieure et formation de base. Le CDA [conservateur] vise le quadrant religieux, le PvdA [travailliste] celui des gens sans formation supérieure, le VVD [libéral] celui des séculiers et des formations supérieures. »
Cet électorat très éduqué, très présent dans notre ville, est celui que nous, libéraux, devront viser et je suis convaincu que Grenoble a un potentiel libéral très élevé.
Alors, Grenoble, une ville de gauche ? Par défaut, par ignorance…





